Projection-rencontre avec Noël Constant

02/03/2018 18:30Résidence Butini

Projection du Plans-Fixes « Noël Constant. Une utopie en mouvement » en présence de Noël Constant. Entrée libre

Voilà plus de 50 ans que Noël Constant arpente les rues de Genève où Carrefour-Rue, la maison de son association, vient en aide à tous ceux que la vie a malmené. Fondateur et président d’une véritable petite PME, Noël Constant écoute, échange et trouve à chaque fois des solutions. A sa manière, toujours discrète, il stimule et invente : une dizaine de lieux de vie et de convivialité où partager des repas, recevoir des soins, jouir de quelques jours de vacances, sans oublier la mise à disposition, crise du logement oblige, de « studios mobiles ». Et ce n’est pas tout : Carrefour-rue, c’est encore des cours d’auto-école, un radio sur le web, un petit journal, la création de spectacles, un groupe de chant, « Au clair de la lune »… Pour Noël Constant, qui fêtera bientôt ses 78 ans – Noël… est né le 24 décembre 1939 à Mâcon et fut, très jeune, livré à lui-même avant d’être recueilli par les Frères de Taizé – « l’existence n’a de sens qu’à la condition de la partager avec d’autres. » Telle est sa définition du vivre ensemble, son utopie.
A l’âge de 20 ans, à la suite d’une incroyable série de hasards qu’il évoque pudiquement dans ce Plans-Fixes, Noël Constant est en Afrique. Il y découvre les dispensaires d’Albert Schweizer et de Louis Pasteur. A l’entrée de l’un d’eux, il lit : « Je ne demande ni ton nom, ni d’où tu viens mais dis-moi quel est ton mal ». « Cela a fait ma vie » confie-t-il à Brigitte Mantilleri qui lui a consacré un livre d’entretiens (*) et l’accompagne dans ce Plans-Fixes intime et interpellateur. Car si Noël Constant, venu de Marseille à Genève, en 1963, pour… six mois, a su imposer une vision très personnelle de l’aide sociale, il dit ici avec une force tranquille la fragilité des êtres emprisonnés dans une société d’apparence qui, trop souvent, (…) « veut mettre tout le monde dans le même moule, une société qui condamne et met en place tout un attirail de contraintes ». En un mot, « une société qui rend dépendant » d’où, à ses yeux, les limites du Revenu de base inconditionnel (« une aberration ») et de l’assistanat : « Il faut que chacun réalise sa façon de vivre, de créer, car c’est déjà cela, exister ! »
Donner envie d’avoir envie : voilà le sens d’un combat sans cesse recommencé. Avec Carrefour-rue, Noël Constant, qui aime la beauté et l’odeur des fleurs, travaille comme un peintre : sur sa palette, toute une gamme de couleurs pour dire la Coulou, le hameau des chemineaux, Eurêka, la Caverne d’Ali-Baba, les taxis-vélos-promenade, la jouetterie. Et un atelier d’écriture où naît « La Feuille de trèfle », journal entièrement rédigé et illustré par des personnes en rupture sociale – ou l’ayant été. « Il faut aller à la rencontre des gens, il ne faut pas attendre qu’ils viennent à nous. » Conclut-il.

(*) Noël Constant : un autre social, entretiens avec Brigitte Mantilleri, Editions L’Age d’homme, 2016.

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